ARD (Atmospheric Reentry Demonstrator)
Démonstrateur Européen de rentrée atmosphérique

Avec l’ARD, l’Europe réalise pour la première fois la rentrée atmosphérique guidée et pilotée d’un véhicule spatial.

Réalisations philatéliques

Pour l’association, l’idée de faire voyager des documents philatéliques dans l’espace s’est imposée très vite dans la mesure où la capsule était réalisée à St Médard en Jalles (Gironde), chez la société Aérospatiale. Les contacts étaient faciles à trouver. L’accord de l’ESA a d’abord été obtenu avant que la direction de programme locale prenne en charge la modification du dossier de définition de la capsule. Si la forme des deux boîtes aux lettres dans le bouclier était assez particulière, la contrainte principale pour pouvoir embarquer des enveloppes était le poids : il n’était pas possible d’envoyer plus de 8 Kg, cette limite permettant de ne pas modifier le centre de gravité de la capsule et donc son logiciel de vol. Toutes les enveloppes ont donc été massicotées afin de gagner du poids (environ 500g) ce qui nous a permis d’en envoyer 1980 dans deux boîtes aux lettres (un tiers du lot a été destiné à chacun des partenaires de l’opération, soit l’ESA et les deux associations philatéliques Astrophil et La Marianne).
En 2017, c’est encore le courrier transporté dans l’Espace le “plus haut du monde”, ayant atteint 830 km d’altitude et la vitesse de 27 000 km/h.

Une enveloppe a été réalisée lors du départ de l’ARD pour Kourou à bord du bâtiment de transport Toucan, oblitération Bassens (Gironde) du 03/06/1998.
Enveloppe ‘voyagée’. Oblitération de Kourou pour le lancement le 21/10/1998. L’enveloppe a voyagé dans l’espace pendant la durée de la mission. Après amerrissage de la capsule, l’équipe technique Aérospatiale, en charge de sa récupération à bord du bâtiment de la Marine Nationale “Le Revi”, a attendu 48h le temps de vérifier qu’il n’y avait plus de risque de sécurité avec l’hydrazine  puis a récupéré les deux paquets d’enveloppes. Elles ont été oblitérées avec le cachet rouge du Révi puis ont reçu le timbre à date manuel de Papeete le 05/11/1998 lors du retour de la capsule pour la métropole.
Tirage 1980 exemplaires.
Disponible dans la boutique

Afin de compléter l’aspect astrophilatélique de ce programme, nous avons pu obtenir pour nos adhérents deux documents réalisés par Alénia à Turin, dans le cadre des essais de largage en Sicile afin de valider le système de parachutes.

20 août 1995 : réalisation par AléniaSpazio de la séquence de descente d’une capsule représentative de l’ARD après une chute de dix kilomètres. La capsule a été larguée d’un ballon stratosphérique se trouvant à une altitude de 23 kilomètres, mais le ballon a traversé la Sicile vers l’Est au lieu d’aller vers la mer. Le système de sécurité a assuré le largage de la capsule, qui a disparu en mer.
14/07/1996 : test réussi du largage et de la récupération en mer de la capsule. Oblitération au verso du document.

Mission de l’ARD

Placé en position haute sur la SPELTRA (Structure Porteuse Lancement Triple Ariane), au-dessus de Maqsat 3, l’ARD décolle le 21 octobre 1998 à 13 h 37 mm 21 s, heure de Kourou, à bord du lanceur Ariane 5, vol 503. Il est largué dans l’espace après l’extinction de l’Étage Principal Cryotechnique (EPC) à H0 + 12 mn à une altitude de 209 km. Il suit alors une trajectoire balistique suborbitale, avec une apogée à 830 km, dont la durée est d’environ 1 h 25. Plus de 200 paramètres sont enregistrés pendant cette phase qui voit la température du bouclier s’élever à environ 2 000° C. Après avoir effectué une rentrée atmosphérique d’environ 15 minutes, l’ARD amerri dans l’Océan Pacifique grâce à trois parachutes, avec une excellente précision : à 4,9 kilomètres du point d’impact initialement prévu. Il est alors récupéré par un vaisseau de la marine nationale et rapporté à Bordeaux pour y être analysé.

Sur le plan technologique, l’ARD permet l’analyse des phénomènes aérothermodynamiques de la rentrée et l’effet du ‘black-out’. Il offre l’occasion d’essayer et de mesurer l’efficacité des matériaux de protection thermique, ainsi que le système de pilotage automatique et le système d’atterrissage par parachute. Forts des enseignements du programme ARD, l’ESA et la NASA coopèrent pour mettre au point le CRV, véhicule automatique pour ramener les astronautes de la Station spatiale internationale.
Pendant la rentrée dans l’atmosphère, la température du bouclier a atteint 900 °C et la protection thermique du cône et de l’écran thermique étaient dans un état parfait après récupération.

Données techniques :

  • Forme : sphéro-conique, du type capsule Apollo
  • Diamètre : 2,8 m – Hauteur : 2 m – Masse : 2 800 kg
  • Structure : aluminium
  • Protections thermiques :
    • Aléastrasil sur le bouclier (tissu de silice imprégné de résine phénolique)
    • Norcoat 622-5OFI sur le cône arrière (poudre de liège et résine phénolique)
  • Système avionique et logiciels basés sur l’architecture et les équipements d’Ariane 5
  • Navigation assistée par GPS
  • Système propulsif basé sur le système de contrôle d’attitude d’Ariane 5, avec 7 moteurs a hydrazine
  • Système de descente/récupération :
    • 1 parachute de freinage (∅ 5 m) et 3 parachutes principaux (∅ 22 m chacun)
    • 2 ballons de stabilisation après amerrissage
  • Une balise de localisation SARSAT


Accord ESA



Accord Aérospatiale



Dossier Définition

Vol suborbital